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Améliorer son pilotage

DE L'INTÉRÊT DU COACHING...

 

► APPRENDRE POUR COMPRENDRE

Au même titre qu'il serait dangereux de monter sur des skis et de dévaler une piste noire sans être passé par une école de ski dont le moniteur aura su vous prodiguer de précieux conseils, il est primordial de passer par la case "école de pilotage" avant d’aller rouler sur circuit…

Il serait prétentieux de croire que parce que vous avez une "sportive", vous allez pouvoir vous jouer des trajectoires et du freinage (pour ne citer que ces deux points), sur le Bugatti ou à Lédenon ! 

Le savoir ne s’improvise pas et la littérature que vous trouverez ça et là y compris dans celle de Supertrackday ne reste que de la théorie… Le passage dans une école de pilotage et la poursuite entre les mains d’un instructeur diplômé sont deux actions absolument primordiales.

A vous d’en fixer la qualité et la quantité, mais faire l’impasse sur ce BA.BA serait une grave erreur : les voitures roulent vite, très vite sur le trackdays et à défaut de correctement appréhender et maîtriser votre véhicule, vous ne seriez pas dangereux seulement pour vous-même mais également et surtout pour les autres !

Lorsque vous êtes prêt à passer en mode "apprentissage", prenez le temps nécessaire pour identifier l’endroit qui va vous correspondre. Faites un tri sérieux en rapport avec ce que vous voulez entreprendre : vouloir profiter des trackdays signifie que vous allez devoir  apprendre ce qui va correspondre à votre réel besoin : 90% des "offres de pilotage" françaises abordent un aspect plutôt ludique au travers du pilotage de Super GT mais vous n'apprendrez pas grand chose dans le cadre d'un baptême de 3 tours à bord de la dernière Ferrari ou Lamborghini.

Certes, votre PIB (Plaisir Intérieur Brut !) aura été important, vous aurez une belle photo ou une vidéo de vous mais votre capacité de restitution dans la conduite de votre voiture personnelle sur un circuit sera très limitée. A contrario, ce genre d'offre façon "découverte du pilotage" vous donnera un bon aperçu de l'environnement de pilotage sur circuit, et il s'agit là d'un point positif…

Si vous désirez dégrossir le BA-BA avec pour but d'acquérir de bonnes bases de pilotage, il existe des écoles de pilotage sur circuit très sérieuses comme la Porsche Driving School ou Start & Drive. Il n’y a pas besoin de chevaux pour apprendre à piloter sur circuit : il faut avoir acquis 1) de la théorie et 2) pouvoir avoir à sa disposition une voiture avec un très bon chassis, des freins adaptés et une bonne motricité !

Le rôle de l'instructeur est très important : c’est lui et lui seul qui va immédiatement corriger vos erreurs en vous empêchant de réitérer quelque chose que vous risqueriez de traîner comme un terrible boulet si vous aviez décidé de préférer "l’auto-apprentissage" !

Quiconque ne peut s’improviser "instructeur ou moniteur de pilotage automobile". On peut avoir acquis de l’expérience à force d’années passées dans les baquets de voitures de course, toutefois et comme de très nombreuses disciplines sportives en France, l'encadrement pédagogique de cette qualification ou diplôme est réalisé au travers du BPJEPS (Brevet Professionnel de la Jeunesse, de l’Education Populaire et du Sport). Ce brevet d’Etat défini les normes de la profession et revêt plusieurs mentions imbriquées mais pourtant distinctes :
- Circuit
- Karting
- Perfectionnement au pilotage
- Rallye
- Tout-terrain
- Pilotage sur Glace
- Pilotage Quad

Cette notion de BPJEPS répond aux exigences légales que stipule l’article L.363.1 du Code de l’Education français (reprenant l’article 43 de la loi sur le sport du 6 juillet 2000) que "nul ne peut enseigner, animer ou encadrer contre rémunération une activité physique ou sportive, à titre d’occupation principale ou secondaire, de façon régulière, saisonnière ou occasionnelle s’il n’est pas titulaire d’un diplôme comportant une qualification définie par l’Etat et attestant de ses compétences en matière de protection des pratiquants et des tiers".

A l'issue d’une première expérience en école, il n'y a rien de mieux que de progresser au travers de séances de coaching personnalisé sur sa propre auto. Et à ce sujet, soyez parfaitement décomplexé sur au moins deux points :

1) Nul besoin de rouler en Porsche GT3 pour s'assurer les services d'un instructeur personnel. On peut devenir efficace sur un circuit avec des véhicules pas forcément motorisés comme des…avions !

2) La pratique du sport automobile reste accessible à tout âge et le plateau de certains trackdays est assez éloquent : j’ai récemment observé à Magny Cours un fameux "gentleman driver" de 72 ans (révolus !) au volant d’une Lotus mettre 3 secondes au tour à un frétillant et aiguisé Porschiste de 30 ans son cadet.

Le coaching ne s'effectue pas - seulement - en fonction de votre budget : il est capital d'avoir un bon "fit" avec votre instructeur.

Dans mon métier de tous les jours, je suis Commandant de Bord et…instructeur pilote de ligne. Lors de la phase d’instruction d’un nouveau copilote ou d’un futur commandant de bord, il y a forcément des individus avec qui je me sens bien toute suite (et vice-versa) tandis qu’avec d'autres la relation peut être plus délicate. Sur un vol de 9 heures, direction New-York, on pourra finir par trouver - l’un et l’autre - le temps long. Et ce ne sera ni de la faute de mon collègue, ni de la mienne s’agissant de l’alchimie des relations humaines !

On arrivera malgré tout à un résultat pédagogique dans les deux cas, mais en toute logique, la qualité du contenu pourra être décuplée grâce à un courant qui sera très bien passé entre le pédagogue et son "élève". Au volant de votre voiture, ce sera exactement le même principe, et ce avec votre instructeur assis à vos côtés !

Pour la petite histoire, lorsque j'ai acheté mon premier proto - une Radical SR3, je sortais d'expériences enrichissantes au volant de précédentes GT très "sport" sur le papier  telles la Ferrari 430 Scuderia, la Ford GT ou la Maserati Granturismo S. J'ai été absolument ravi de les conduire au quotidien, en revanche et sur circuit, ces voitures étaient toutes rapidement limitées en terme d'efficacité pure, à moins de dépenser une fortune dans leur entretien ! J'avais pris plaisir à deux ou trois occasions avec des Porsche GT3 de location aux USA, mais le côté très extrême de ma Radical ne devait pas me faire oublier ce pourquoi je l'avais achetée : progresser vers la compétition et piloter le plus proprement possible ce proto aussi performant qu'extravagant.

Sur les conseils de l’importateur de ma voiture, je me suis tourné vers un instructeur déjà propriétaire d'une Radical et le premier contact a été déterminant au point que ce dernier est devenu un très bon ami au fil de nos différentes sessions d'entraînement…

Une séance de coaching peut être individuelle ou collective. D'un point de vue économique, n'hésitez pas à mutualiser avec un ami une séance de coaching dont le montant est très variable.
Personnellement, je travaille avec des professionnels dont la prestation est en général comprise entre 300 et 500 Euros pour une journée qui se débute à 8h00 du matin et qui se détermine souvent après 19h00.

Ce qui signifie qu'à deux binômes, on bénéficie de précieux conseils et d'un niveau de progression assuré pour un montant entre 150 et 250 Euros chacun. C’est certes une somme certaine, voire une certaine somme, mais réfléchissez bien à l’importance de cet investissement à l’échelle d’une progression de votre pilotage.

Une séance sur piste dure rarement plus de 25 minutes, elle-même suivie d'un debriefing de 15 à 20 minutes souvent débuté dans la voiture et qui se termine ensuite dans un endroit plus calme où l'on est capable de prendre des notes. Votre binôme partira ensuite pour une autre session avec votre instructeur commun, le temps pour vous de faire le tour et d'inspecter votre véhicule tout en soufflant un peu.

A ce rythme, j'ai pris pour habitude de réaliser 4 sessions sur une journée, ce qui ajouté aux 4 sessions de mon ami (également propriétaire d'un proto) représente une journée bien remplie tant pour nous-mêmes que pour… l'instructeur !

Se faire coacher ne doit pas rester une religion monothéiste : je vous conseille de tester différents instructeurs lorsque l’occasion se présentera : untel sera un spécialiste du Bugatti, de Dijon ou de la Bresse, tandis qu'un autre sera plutôt un expert du freinage ou du réglage des appuis aérodynamiques. Dans tous les cas, les différentes personnalités et sensibilités pédagogiques des uns et des autres feront que séance après séance, votre savoir s’enrichira toujours un peu plus et vous serez à même de faire des comparaisons basées tant sur le résultat que sur le ressenti.

Au bout du compte, rassasié par les expériences variées, il y a au moins une chose dont je suis absolument certain : vous reviendrez vers l'instructeur avec qui le fameux "fit" sera le mieux établi et grâce à qui vous vous serez rendu compte que dans les trackdays il n’y a heureusement pas que le pilotage. Il y a aussi le café de 11h dans le box du Bugatti ou du Castellet, les déjeuners entre copains dans le petit resto derrière le circuit, les rigolades avec votre instructeur sur un freinage un peu…chaud ! Bref…pour celui ou celle qui aime l’amitié et les autos, il y a de quoi se laisser enivrer dans les trackdays.

Le coaching peut se faire parfois de façon assez inattendue car les trackdays sont un formidable lieu de rencontre permettant de croiser des pilotes aux expériences variées : des plus restreintes aux plus incroyables.

Lors d'un récent dîner au Mans, j'ai eu par exemple la chance de me retrouver assis en face de Michel Ferté, grand "pistard" devant l'éternel : inutile de vous préciser que son expérience des 24h du Mans - impossible à résumer dans un annuaire parisien - a illuminé toute la tablée le temps d’une soirée ! Et le lendemain matin, en tournant à la fraîche sur le Bugatti, la mise en pratique des quelques conseils grappillés ça et là avaient une saveur toute particulière…

Le milieu du sport automobile reste un monde étrangement fermé alors qu’il passionne le plus grand nombre. Au même titre que Supertrackday a pour vocation de partager ce qui reste trop souvent "confidentiel", je vous encourage également à partager avec humilité et bonne humeur toutes les techniques de pilotage que vous aurez vous-même appris au fil du temps : de cette façon, vous contribuerez à faire des trackdays un espace de convivialité et de partage pour tous les amoureux du sport automobile.

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